La technologie progresse de façon fulgurante. Elle s’insère peu à peu dans la société actuelle et dans un monde futur se voulant uniquement numérique. Cela a commencé par l’arrivée des robots dans le quotidien. Ces derniers gagnent de plus en plus en autonomie dans la réalisation de leurs tâches. Ainsi, l’évolution de la capacité des robots a suscité un engouement dans le milieu cinématographique, dressant divers scénarios sur l’avenir de l’humain face aux robots.
Avant tout d’où vient le mot robot ?
Le mot « robot » provient d’une pièce de théâtre datant de 1920 de Karel Capek. Ce mot, en tchèque « robota », désigne le travail ou encore la corvée. Ainsi, dès le départ les robots ont pour vocation de travailler. L’idée d’une machine venant aider l’humain au quotidien apparaît très vite. Cette fonction principale est toujours d’actualité comme il est possible de la voir dans le film Big Bug. Dans le film de Jean Pierre Jeunet, les robots sont dotés d’une intelligence artificielle et remplacent entièrement les tâches domestiques. Le robot peut être également une assistance comme le dépeint Stanley Kubrick. Dans son fabuleux film 2001, l’Odyssée de l’espace, c’est l’ordinateur intelligent HAL 9000 qui est mis en avant. Ce dernier peut gérer le système du vaisseau ou traiter des commandes vocales des astronautes.
Très vite, les auteurs cinématographiques envisagent la possibilité que les robots aillent au-delà de leurs capacités attribuées. Il est alors représenté par des robots capables de détourner son algorithme de base. La conséquence pour le cinéma, c’est le développement des compétences nouvelles étrangères aux fonctions initiales du robot.
La représentation du robot sentimental
Le cinéma envisage la possibilité que le robot puisse développer des caractères propres aux humains. Dans le film de Pixar de 2008 « Wall-e », le robot développe des sentiments et tombe amoureux d’un autre robot. Autre illustration troublante avec le film Her de Spike Jonze de 2013. L’auteur américain met en scène l’histoire d’un homme développant une relation avec un système d’exploitation d’intelligence artificielle. Au fil de l’histoire, ces derniers développent des sentiments réciproques jusqu’à être amoureux.
Ainsi, le cinéma dépeint une image d’un robot qui tend peu à peu à devenir humain. En effet, cela se voit dans le film de Steven Spielberg A.I Intelligence artérielle. Ici, le robot prend la forme d’un petit garçon. Ce dernier cherche à tout prix à ressembler à un humain. Il essaie tout au long du film d’obtenir l’amour de sa mère humaine. Ce film époustouflant met en lumière la quête de l’identité du robot à celle d’humain. Une piste cinématographique qui met en avant qu’un robot peut avoir conscience de sa condition : dans L’Homme bicentenaire de Chris Columbus, le robot appelé Andrew demande la permission à son propriétaire de lui acheter sa liberté.
Cette représentation cinématographique de l’idée d’un robot sentimental est bien ancrée. Le souhait d’avoir des caractéristiques humaines, comme un cœur dans Le Magicien d’Oz, ouvre d’autres hypothèses.
A ce sujet, dans son livre intitulé Aimer un robot, Frédéric Landragin évoque de manière intéressante ce sujet d’affective computing. Un livre conseillé si le sujet vous intéresse.
La révolte des robots
Pour le cinéma, le robot a une faculté d’analyse des situations, de réflexion et de sentiment et pour certains d’une conscience. Ce dernier pourrait donc valablement contester l’objectif auquel il est assigné et se révolter. Cette supposition est largement envisagée par le cinéma. Dans les films, l’Odyssée de l’espace et Wall-e le système d’assistance du vaisseau se rebelle contre l’humain. Dans Kronos, Le soulèvement des machines, l’ordinateur doté d’une IA lance une attaque mondiale pour se débarrasser de la race humaine. Ici, le cinéma envisage un véritable despotisme en faveur des robots et où les humains sont à leur merci.
Les représentations diverses des robots par le cinéma permettent de mettre en lumière des questionnements.
La représentation des robots dans les films : un signal d’alerte ?
L’hypothèse selon laquelle des robots seraient capables d’avoir les mêmes caractéristiques soulève un premier point. Elle permet de questionner la distinction fondamentale de la chose et de l’humain. Les pistes envisagées par le cinéma prédit un floutage de cette séparation. Une séparation accentuée par l’apparence physique des robots. Ces derniers sont de plus en plus représentés dans les films sous une apparence humaine. Ils abhorrent par ailleurs les mêmes comportements que les humains. Ainsi, à l’avenir faudrait-il considérer les robots comme des humains ? Si oui, faut-il leur assimiler les mêmes droits que les humains ? Faut-il responsabiliser les robots de leurs propres actes et exonérer son créateur ?
En cas de réponses négatives aux questions, il revient alors de s’attarder sur une régulation sérieuse. Une régulation précise et avancée. L’Artificial Intelligence Act est un bon début pour établir une conception et une utilisation éthique. Toutefois, le robot est une machine programmable. Il ingère donc des informations et des données. En cas d’utilisation de données à caractère personnel, une problématique se pose. Quels sont les droits des humains concernant leur vie privée face à ces technologies aux ressemblances humaines ?
À travers la représentation cinématographique, le développement du robot doté d’une IA présage un avenir incertain pour l’humain ; un avenir où le robot prend le contrôle sur l’humain ; un robot capable de prendre des décisions pouvant menacer l’humain. Cette conception futuriste met en péril les Trois Lois de la robotique d’Asimov.
De façon générale, ce futur dystopique soulève une dernière question. Le terme homos sapiens est-il encore approprié à l’homme. En effet, le robot tend peu à peu à prendre l’apparence d’un homme, « homos ». Ce dernier serait doté d’une IA forte, c’est-à-dire capable de réfléchir, d’avoir une connaissance et d’être intelligent, « sapience ». Ainsi, quelle place est à donner à l’humain dans la société future ? Qu’advient-il de l’appartenance à la race humaine quand le robot peut facilement se l’approprier ?
Clara Bonnard
M2 Cyberjustice – Promotion 2024/2025
Sources :
