L’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation poursuivent leur avancée rapide, bouleversant en profondeur les métiers et les compétences demandées sur le marché du travail. Cette transformation technologique pose un défi particulier : l’impact n’est pas le même pour tous, et certaines catégories de travailleurs, notamment les femmes, sont plus vulnérables aux changements induits par ces nouvelles technologies.
Un rapport récent publié en mai 2025 par l’Organisation internationale du travail (OIT), spécialisée dans les questions d’emploi au sein des Nations Unies, révèle que les femmes occupent davantage d’emplois susceptibles d’être automatisés, en particulier avec l’essor de l’intelligence artificielle générative (GenAI). Cette technologie, qui remodèle les méthodes de travail, accroît les risques de perte d’emploi ou de transformation profonde des fonctions exercées, mettant en lumière un enjeu crucial d’égalité professionnelle à l’échelle mondiale.
Une exposition inégale face à la GenAI
Selon ce rapport, près de 25 % des emplois dans le monde pourraient être affectés par l’automatisation liée à l’intelligence artificielle générative. Cette proportion est encore plus élevée dans les pays à revenu élevé, où elle atteint 34 %.
Cependant, cette menace n’est pas répartie équitablement : dans ces mêmes pays, les femmes sont beaucoup plus exposées que les hommes. Les emplois féminins les plus touchés représentent en effet 9,6 % des postes, contre seulement 3,5 % pour les hommes.
Cette différence s’explique principalement par la forte présence des femmes dans des postes administratifs et de bureau, secteurs particulièrement sensibles à l’automatisation induite par la GenAI.
Vers une réponse collective et inclusive
Le rapport invite les pouvoirs publics, ainsi que les représentants des employeurs et des salariés, à engager un dialogue social constructif. Il insiste sur la nécessité de mettre en place des stratégies inclusives et anticipatrices, visant à améliorer à la fois la productivité et la qualité des emplois, en particulier dans les secteurs les plus menacés.
Janine Berg, économiste principale à l’OIT, souligne l’importance de clarifier le débat autour de l’IA : « Face à l’emballement médiatique, il est essentiel d’apporter du contexte et d’accompagner ces transitions ». Elle rappelle que pour éviter que les inégalités ne s’aggravent, il faut soutenir les reconversions professionnelles, promouvoir la formation continue et garantir une intégration numérique qui profite à tous.
Un avenir du travail centré sur l’humain
Loin de l’idée d’un remplacement massif des travailleurs par des machines, ce rapport trace la voie vers un futur où l’humain demeure au cœur des transformations technologiques, à condition que les acteurs concernés se préparent dès aujourd’hui à relever ce défi.
Murielle Moussa
Master 2 Cyberjustice
Sources :
https://news.un.org/fr/story/2025/05/1155736
https://www.ilo.org/sites/default/files/2025-05/WP140_web.pdf
