L’intelligence artificielle a trouvé sa place dans de multiples domaines qui, jusqu’alors, fonctionnaient sans l’interférence du numérique. Cette constante évolution de la technologie a pu se retrouver dans diverses matières, qu’elles soient scientifiques, académiques ou professionnelles, mais pas que. À présent, ces logiciels d’intelligence artificielle se sont également installés dans le monde de la danse.
Cette intersection entre l’art et la technologie a permis de revisiter la façon dont nous voyons le corps humain, ainsi que chacun de ses mouvements, jusqu’à faire évoluer la danse et la manière de créer des chorégraphies. L’idée derrière le développement de cette technologie était de promouvoir la recherche académique et d’enrichir les informations connues du corps et de la danse.
En collaboration avec Google, Wayne McGregor, directeur et chorégraphe renommé, a été le premier à utiliser l’intelligence artificielle à des fins de créations artistiques en rapport avec la danse.
Pour ce faire, le développement de l’AI Dance Generator a été réalisé à partir du modèle FACT (Full attention Cross-modal Transformer), modèle qui peut imiter et comprendre les mouvements de danse et même améliorer la capacité d’une personne à chorégraphier une danse. La base de données AIST ++ est une base de données partagée contenant des vidéos originales de danse de rue avec des musiques de danse libres de droits.
Comment ça marche ?
Grâce à des capteurs de mouvements et de multiples caméras placées tout autour de la salle afin d’enregistrer avec précision chaque angle de chaque mouvement, mais aussi grâce à l’incorporation de milliers d’heures de chorégraphies déjà réalisées, une base de données a pu être créée. Celle-ci permet à l’intelligence artificielle d’avoir tout un registre de mouvements, de styles et de genres de danses, qu’elles soient individuelles ou en groupe, avec des chorégraphies plus ou moins avancées.
La grande révolution de ce projet a été la constatation des capacités de l’IA même dans le domaine de la danse.
Par sa riche base de données, une IA est capable de créer des suites de mouvements inédits, donnant à la chorégraphie une structure encore jamais vue auparavant. Par cette technologie, chaque geste a été mathématisé afin de créer de nouvelles additions et une somme de mouvements jamais imaginée jusqu’alors.
Ces artistes ont réussi à utiliser les nouvelles technologies pour mieux comprendre le corps et ainsi introduire l’art de la danse dans les évolutions numériques.
« La technologie, qui doit évidemment être encadrée pour des questions éthiques, n’est pas là pour remplacer la création. Elle offre une liberté créatrice folle et des possibilités pour l’humanité » (citation de Wayne McGregor lors de l’Interview avec le journal lepoint.fr)
Ainsi, la pièce Deepstaria, présentée en 2025 par ce chorégraphe de haut niveau, sera la première pièce réalisée à l’aide de l’IA.
Liza SAMAHA
M2 Cyberjustice – Promotion 2024/2025
Sources
https://google.github.io/aichoreographer/
https://aistdancedb.ongaaccel.jp
