Le 10 mai 2024 dernier, Kenza Layli, marocaine, est devenue la première Miss Intelligence Artificielle (IA) du monde. Elle a été créée par la société Phoenix AI par Myriam Bessa. Quant à elle, la candidate française Lalina a décroché la deuxième place.
Dans le cadre des World AI Creator Awards, Fanvue est une plateforme sociale qui permet à tous les créateurs de partager, de gagner et de se connecter avec leurs fans. Cette plateforme a organisé un concours de beauté virtuel réunissant des développeurs d’IA, des artistes numériques et des professionnels du secteur de la beauté. Ce concours visait à évaluer la technologie utilisée derrière les participantes, tout en démontrant son potentiel à transformer les critères de beauté traditionnels et à offrir de nouvelles opportunités d’expression artistique.
Pour participer il fallait d’une part, être le créateur d’un modèle généré par l’IA et d’autre part, être présent sur les réseaux sociaux en ayant 18 ans minimum.
Les candidates ont été jugées sur la beauté et la technologie. Elles ont également dû répondre à une question : « Si vous aviez un rêve pour rendre le monde meilleur lequel serait-il ? ».
Le jury est un peu particulier car il est composé à la fois d’IA et de personnes physiques. Concernant les IA, il y avait Emily Pellegrini et Aitana Lopez des influenceuses IA, créées par des agences de mannequin virtuelles. Quant aux personnes physiques, Andrew Bloch, entrepreneur et Sally-Ann Fawcett, historienne des concours de beauté, étaient présents.
Comment une IA peut-elle évaluer la beauté ?
L’IA se base sur des algorithmes qui analysent des caractéristiques physiques telles que la symétrie, les proportions, et d’autres critères souvent associés aux standards esthétiques prédéfinis. Toutefois, la beauté va au-delà de simples mesures et intègre des dimensions émotionnelles, culturelles et personnelles.
Une IA peut donc juger selon des standards programmés, mais peut-elle juger de ce qu’est réellement la beauté ?
La gagnante Kenza Layli s’est distinguée par son mélange de traits traditionnels marocains et de modernité. Ses créateurs ont intégré des éléments culturels marocains, tels que des motifs de henné ou encore des caftans traditionnels. De plus, coiffée d’un hijab, cette influenceuse virtuelle incarne un engagement fort en faveur de la diversité et de l’inclusivité dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Finalement, ce concours de beauté représente-t-il un progrès ou un retour en arrière ?
Le concours de beauté Miss IA soulève des questions complexes. D’un côté, il peut être perçu comme un progrès technologique, mettant en avant l’utilisation de l’IA pour repousser les limites de la création virtuelle et de l’expression artistique. Il offre également une plateforme pour promouvoir la diversité et l’inclusivité à travers des représentations variées.
D’un autre côté, il y a un risque que ce type de concours renforce des stéréotypes et des normes de beauté standardisées, façonnées par des algorithmes qui pourraient refléter des biais culturels ou sociaux. Cela pourrait alimenter cette quête de perfection physique qui pousse inévitablement les jeunes femmes, ainsi que les jeunes hommes sur les réseaux sociaux, à ressentir une frustration par rapport à leur propre apparence.
Et le droit à l’image ?
Ce concours pose aussi la question du droit à l’image. En droit, les personnes physiques bénéficient d’un droit au respect de la vie privée, ce qui implique également un droit à l’image.
En ce qui concerne ces candidates générées par une IA, elles ne possèdent pas de droit à l’image. Cependant, elles pourraient bénéficier d’une protection au titre du droit d’auteur.
En somme, ce concours peut être perçu comme une avancée sur le plan technologique et créatif, mais il risque également de constituer un recul si cela perpétue des clichés et des critères de beauté normalisés. Ainsi, il est essentiel de trouver un équilibre qui valorise l’innovation tout en célébrant la diversité de la beauté dans toutes ses formes.
Pour l’instant, aucune annonce n’a été faite concernant une deuxième édition de Miss IA.
Camille FLAMAND
M2 Cyberjustice – Promotion 2024/2025
Sources :
- Youtube Miss IA
- Les IA aussi ont leur concours de Miss, et voici la première gagnante
- « Miss IA » : L’intelligence artificielle va-t-elle encore aggraver les stéréotypes de beauté féminins ? (20minutes)
- Instagram Miss IA (Kenza Layli)
