You are currently viewing La confrontation russo-ukrainienne dans l’espace numérique

Alors que le conflit entre l’Ukraine et la Russie se déroule sur le terrain, il se propage également dans le cyberespace. Des deux côtés, des efforts considérables sont déployés pour déstabiliser l’adversaire à travers des campagnes de propagande et des attaques informatiques, mobilisant des ressources humaines provenant de chaque pays, ainsi que des hackers, des cybercriminels et des entreprises privées spécialisées en cybersécurité.

 

Les infrastructures prises pour cibles 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a donné naissance à un conflit qui s’est étendu bien au-delà des opérations militaires conventionnelles. Le rôle crucial du numérique dans ce conflit est indéniable, tant dans sa nature que dans ses conséquences. 

À partir du 23 février 2022, une série de cyberattaques ciblées a été déclenchée, visant des objectifs stratégiques préalablement infectés. Ces attaques initiales visaient à neutraliser de manière préventive les capacités de réaction des autorités ukrainiennes, de manière similaire aux premières salves de missiles dans un conflit conventionnel. Cette approche stratégique dans le domaine de la cybernétique est relativement récente sur le plan militaire et représente le déclenchement d’une véritable cyberguerre.

Du côté de l’Ukraine, les infrastructures physiques ont été lourdement endommagées par les opérations militaires, mais les dommages numériques ont également été d’une ampleur considérable. 

Des actes de cyberattaques massives ont été perpétrés contre les services gouvernementaux des deux pays, orchestrés tant par des citoyens que par des hackers et des agents étatiques. De plus, les réseaux sociaux russes sont saturés de campagnes de désinformation soigneusement orchestrées par le Kremlin, exacerbant encore davantage la complexité de la situation.

Cette dimension numérique du conflit russo-ukrainien débuté en 2022 a non seulement transformé le paysage médiatique, mais a également eu un impact significatif sur la vie quotidienne des citoyens, les institutions gouvernementales et les économies des deux pays impliqués. Alors que les infrastructures physiques continuent d’être reconstruites, la reconstruction du cyberespace et des relations numériques reste un défi de taille, nécessitant une coopération internationale accrue et des efforts concertés pour restaurer la confiance et la stabilité dans la région.

 

Les fakes news comme « armes de guerre »

Un élément essentiel dans ce type de conflit est la propagation de la désinformation. La Russie utilise cette arme, en diffusant de fausses informations sur tous les canaux de communication disponibles, tels que les réseaux sociaux, les sites d’information et les chaînes de télévision. Cette désinformation fait partie intégrante de la cyberguerre, visant à obtenir le soutien du plus grand nombre de personnes possible.

Alors que la Russie préparait ses opérations militaires contre l’Ukraine, elle a également mis en place des cyberattaques, accompagnées de campagnes de désinformation en ligne. L’objectif de Moscou était de déstabiliser l’ennemi en propageant de fausses informations. Ces tactiques visent à semer la panique parmi la population ukrainienne tout en sapant la confiance du pays envers ses autorités.L’Ukraine n’est pas la seule victime de ses fake news. Ces dernières ont également pour objectif d’altérer l’opinion publique de différents pays afin de faire cesser le soutien financier et/ou militaire à l’égard de l’Ukraine.  

 

La défense ukrainienne

Peu de temps après l’invasion russe, le ministre ukrainien de la transition numérique, Mykhailo Fedorov, a pris l’initiative de former ce qu’on appelle l’« armée numérique ». Cette force, composée de volontaires nationaux et internationaux, s’engage depuis près d’un an dans des attaques informatiques connues sous le nom de «déni de service». Cette technique vise à submerger les serveurs de connexions afin de les rendre indisponibles.

Le 17 mars 2022, ce groupe a annoncé avoir réussi à pirater plus de 2500 sites russes liés au pouvoir en place et à des sociétés privées appartenant à des oligarques russes. Cette initiative regroupe quotidiennement plusieurs dizaines de milliers de participants, coordonnés notamment via la plateforme Telegram sous la supervision du ministère de la Transformation Numérique.

De nombreux citoyens occidentaux, notamment au Royaume-Uni, ont exprimé leur volonté de rejoindre les différents collectifs numériques soutenant l’armée ukrainienne. Toutefois, les autorités britanniques mettent en garde leurs ressortissants en soulignant leur manque de connaissance des mesures de protection nécessaires lors de leur participation à une cyberguerre.

 

Le rôle des GAFAM 

Malgré les attaques répétées, les capacités de cyberdéfense de l’Ukraine ont résisté avec succès. Grâce à l’assistance logistique fournie par des acteurs majeurs de la technologie tels que Microsoft, BitDefender et le gouvernement américain, les menaces ont pu être détectées et les tentatives d’attaques neutralisées plus rapidement.

Cette situation marque une première, avec l’implication notable de membres des géants technologiques, notamment les entreprises GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), dans un conflit de cette ampleur.

 

Lise Bujon

M2 Cyberjustice – Promotion 2022/2023

 

Sources: 

A propos de Lise Bujon

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