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You are currently viewing L’acquisition d’oeuvres NFT par le Centre Pompidou

Le 10 février 2023, le Centre Pompidou annonce l’acquisition de 18 œuvres numériques de 13 treize artistes français et internationaux issus de crypto art, du Net art et de l’art génératif (qui exploite les algorithmes). Ces œuvres numériques sont des NFT (Non Fongible Token) et des œuvres traitant des relations entre la blockchain et la création artistique.

Le Centre Pompidou devient le premier musée national français à faire entrer dans ses collections des NFT. Selon un communiqué du musée, « il s’agit de la première acquisition d’un ensemble des NFT par une institution publique française et de la première de cette importance par une institution dédiée à l’art moderne et contemporain ».

Parmi les treize artistes retenus sont Claude Closky, Fred Forest, Émilie Brout, Maxime Marion, Jill Magid, Jonas Lund, l’artiste chinois Aaajiao, et le duo américain Larva Labs. L’exposition est prévue pour le mois d’avril. Elle s’inscrit plus largement dans le cadre d’une future exposition sur la dématérialisation de l’art à partir du milieu du XXe siècle. D’autres musées français, comme le musée Granet d’Aix-en-Provence, ont suivi l’exemple du Centre Pompidou en annonçant l’entrée des NFT dans leurs collections.

Mike Winkelmann, connu professionnellement sous le nom Beeple, affirme que « nous assistons au commencement d’un nouveau chapitre dans l’histoire de l’art, de l’art numérique ». Selon lui, l’art dématérialisé inclut  « autant de savoir-faire, de nuances et d’intentions que tout ce qui peut être fait sur un canevas physique ». 

 

Qu’est ce qu’est un NFT ?
Un NFT, non fungible token en anglais ou jeton non fongible en français, est un certificat numérique d’authenticité unique et non interchangeable garanti par le système de la blockchain. À titre de rappel, la blockchain (chaînes de bloc en français), datant de 2008, est une technologie permettant de stocker et transmettre de l’information dans un registre partagé qui est décentralisé, crypté, et transparent. Les NFT sont utilisés en tant que titres de propriété de biens numériques, parmi les œuvres d’art. L’art numérique à été fortement marqué par la blockchain ces trois dernières années. Par exemple, le 11 mars 2021, une œuvre entièrement numérique (collage numérique) de l’artiste américain Beeple intitulée Everydays : the First 5 000 Days a été vendue pour 57,8 millions d’euros par la maison d’enchères Christie’s. Cependant, en 2022, le marché des cryptomonnaies s’effondre, notamment avec le krach du géant des crypto-monnaies FTX. 


Le Centre Pompidou, pionnier dans les oeuvres NFT

Selon Marcella Lista et Philippe Bettinelli, deux conservateurs de la collection vidéo, son et nouveaux médias au Centre Pompidou, l’acquisition des oeuvres NFT s’inscrit dans « une réflexion singulière sur l’écosystème de la crypto-économie et ses incidences sur les définitions et les contours de l’œuvre d’art, de l’auteur ou de l’autrice, de la collection et du public récepteur ». Marcella Lista affirme que « l’idée n’était pas d’être les premiers, mais de rassembler une collection pertinente, qui peut témoigner d’une appropriation créative et critique d’une nouvelle technologie par les artistes, et comment cela perturbe et déplace l’écosystème de l’art ». Elle souligne que dès sa création, le Centre Pompidou se focalise sur la créativité technologique contemporaine. En effet, parmi les nombreuses collections de nouveaux médias se trouvent la création de la Revue virtuelle dans les années 90 uniquement sur CD-Rom et le Tunnel sous l’Atlantique de Maurice Benayoun en 1995.

 

L’inscription des NFT dans l’histoire de l’art

Marcella Lista allègue que la blockchain illustre certaines préoccupations préexistantes de l’histoire de l’art. En effet, elle cite trois exemples :
– l’œuvre intitulée Sentimentite de l’artiste Agnieszka Kurant, qui «interroge par exemple les formes de monnaies qui ont existé avant l’argent, et qui continuent d’exister comme monnaies clandestines et parallèles dans toutes sortes de microcosmes sociaux »
– l’exploration des thèmes de copyright et de loi par l’artist Jill Magid  « qui travaille sur l’idée de propriété et sur l’entrelacement de valeurs émotives, symboliques et financières sur le web »
– l’inscription des NFT au sein de la tradition de l’art computationnel : le collectif américain Larva Labs

L’exposition des oeuvres immatérielles
Philippe Bettinelli affirme que les œuvres immatérielles vont être remises en contexte par une présentation d’objets qui ont marqué historiquement le processus de la dématérialisation des œuvres. Parmi ces objets figurent les protocoles, certificats, et des documents des démarches immatérielles dans l’art contemporain. Un exemple concret est le Chéquier d’Yves Klein. Philippe Bettinelli soulève par la suite le risque d’obsolescence technologique des œuvres nouveaux médias. Il souligne que la mission du Centre Pompidou « reste d’assurer le transfert des œuvres d’une technologie en voie de disparition vers une nouvelle ». 

La conservation de ces nouvelles œuvres demande de la créativité administrative, juridique et technique.

 

Natalie Chiotis 

Master 2 Cyberjustice  – Promotion 2022/2023 

 

Sources 

https://www.centrepompidou.fr/fr/magazine/article/le-centre-pompidou-passe-a-lheure-nft

https://www.en-vols.com/inspirations/culture/centre-pompidou-oeuvres-nft/#item=3

https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/03/11/une-uvre-numerique-se-vend-69-3-millions-de-dollars-chez-christie-s-un-record_6072801_3246.html

https://www.beauxarts.com/grand-format/le-centre-pompidou-premier-musee-national-a-acquerir-des-nft/

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