Le 13 mars 2025, une commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs a été créée. Présidée par le député Arthur Delaporte, elle poursuit quatre objectifs :
- Étudier comment TikTok capte l’attention et mesurer ses effets psychologiques, notamment sur les pensées suicidaires, les comportements à risque et les relations sociales des mineurs.
- Examiner les dangers liés à l’exposition des jeunes à des contenus nocifs et à l’addiction numérique.
- Proposer des mesures concrètes pour protéger les mineurs (régulation des contenus, sécurité numérique, modération).
- Comparer TikTok et sa version chinoise Douyin concernant :
- le contrôle du temps d’utilisation,
- la nature des contenus proposés,
- les systèmes de vérification de l’âge et leur efficacité,
- l’impact sur le développement cognitif, l’attention et le bien-être,
- les protections mises en place contre les contenus inappropriés.
Face au succès fulgurant de TikTok, qui réunit aujourd’hui 15 millions d’utilisateurs actifs en France, il devient essentiel de lever certaines zones d’ombre : comment fonctionne son algorithme ? Pourquoi semble-t-il plus addictif que les autres réseaux ? Quels impacts peut-il avoir sur le développement cérébral des enfants et des adolescents ? La commission d’enquête a pour mission d’apporter des réponses à ces interrogations et de formuler des recommandations.
Le jeudi 11 septembre, le président a présenté les conclusions des travaux de la commission dans un rapport intitulé « Quand le divertissement vire au cauchemar : sortir nos enfants du piège algorithmique de TikTok », publié en deux tomes. De ce rapport émergent quatre grandes recommandations formulées par les députés.
Premièrement, interdire l’accès aux réseaux sociaux (hors messageries) aux moins de 15 ans. Deuxièmement, limiter l’usage des réseaux sociaux pour les 15-18 ans entre 22h et 8h, avec la possibilité d’étendre cette interdiction à tous les mineurs d’ici 2028 si les plateformes refusent de coopérer. Troisièmement, interdire l’usage du téléphone portable dans l’ensemble des lycées à partir de janvier, tout en maintenant l’interdiction déjà en vigueur dans les collèges et les écoles. Enfin, instaurer un délit de « négligence numérique » visant à punir les parents jugés négligents qui ne respecteraient pas ces nouvelles règles.
À 15 ans, Charlize a mis fin à ses jours après avoir repartagé sur TikTok une vidéo : « La nuit porte conseil. Moi, elle m’a conseillé de prendre un tabouret et une corde. ». Un drame en total contraste avec la devise officielle de la plateforme : « Inspirer la créativité et apporter de la joie. ».
Ce rapport a été déposé à l’Assemblée nationale le 4 septembre 2025. Une certitude s’impose : il est urgent d’agir pour protéger les mineurs face aux dérives liées à l’usage des réseaux sociaux. La question est désormais de savoir comment mettre en œuvre des mesures à la fois efficaces et adaptées, qu’il s’agisse de renforcer la régulation des plateformes, de responsabiliser les parents ou encore de développer des actions de prévention et d’éducation numérique.
Camille FLAMAND
M2 Cyberjustice – Promotion 2024/2025
Sources :
Commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs – Assemblée nationale
Effets psychologiques de TikTok sur les mineurs : présentation du rapport d’enquête
