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Que ce soit Alexa (d’Amazon), Google Home (Alphabet), ou Siri (d’Apple), les assistants vocaux sont présents dans quasiment tous les foyers, voitures et même téléphones portables. En effet, aujourd’hui, environ 20 millions de Français utilisent des assistants vocaux ou des enceintes connectées. Ayant envahi leur quotidien, les enfants se trouvent exposés dès le début de leur vie à ces technologies.

Pourtant ces assistants vocaux présentent des effets néfastes sur le développement cognitif et social des enfants. 

 

La position de la CNIL

Au sein de son Livre blanc publié en septembre 2019, la Commission nationale de l’informatique et des libertés  (CNIL) avertit les utilisateurs de la dangerosité des assistants vocaux ainsi que des pratiques à mettre en place afin de minimiser les risques. 

La CNIL rappelle également que le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) met en avant que « les enfants méritent une protection spécifique en ce qui concerne leurs données à caractère personnel parce qu’ils peuvent être moins conscients des risques, des conséquences et des garanties concernées et de leurs droits liés au traitement des données à caractère personnel » (Considérant 38). La CNIL caractérise ainsi un assistant vocal comme « une application logicielle offrant des capacités de dialogue oral avec un utilisateur en langage naturel ».

 

Le danger des assistants vocaux 

Les impacts négatifs des assistants vocaux sur les enfants sont nombreux. La communication non verbale répétée entre l’enfant et l’assistant vocal va à l’encontre de l’apprentissage des interactions sociales normales. En effet, la répétition de ce type de  communication non verbale entrave la pensée critique et le raisonnement logique de l’enfant. Le dialogue effectué entre l’enfant et l’assistant vocal n’est pas un dialogue humain permettant de participer au bon développement du langage et du vocabulaire de l’enfant. De plus, l’usage fréquent des assistants vocaux par des enfants en  bas-âge peut impacter le développement social et émotionnel de ceux-ci. Certains affirment que la communication non verbale à haute fréquence peut avoir pour conséquence un manque de compassion et d’empathie, voire même des troubles sociaux et linguistiques.

 

La vie privée et le transfert des données hors de l’Union européenne (UE)

Se pose également le problème du transfert des données hors de l’UE et de la protection de  la vie privée de l’enfant. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), notamment Apple, Amazon, produisent la majorité des assistants vocaux, entraînant ainsi le transfert d’une immense quantité de données, surtout de données à caractère personnel vers les États-Unis. La plupart des GAFAM ne respectent pas la vie privée des utilisateurs et ne sont pas conformes aux exigences du RGPD. Ce non-respect de la vie privée des utilisateurs est fait sans le consentement de ces derniers.

En conclusion, l’utilisation des assistants vocaux par des enfants présente des effets néfastes sur le développement cognitif et social de ceux-ci. Néanmoins, une utilisation modérée et limitée pourrait être envisageable.

 

Natalie CHIOTIS

M2 Cyberjustice- Promotion 2022/2023

Sources :

https://www.usine-digitale.fr/article/les-assistants-vocaux-peuvent-ils-influencer-le-developpement-des-enfants.N2048887

https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cnil_livre-blanc-assistants-vocaux.pdf

https://www.doctrinactu.fr/post/assistants-vocaux-à-l-attention-des-enfants-quels-risques-pour-la-vie-privée-des-utilisateurs

 

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