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L’Euro a fait sa grande arrivée dans l’Union européenne le 1er janvier 1999, quand bien même cette monnaie fut mise en circulation le 1er janvier 2002. L’Euro est une monnaie fiduciaire et scripturale : elle peut autant prendre la forme de billets ou de pièces que de montants sur des comptes bancaires. Avec le développement des technologies et l’essor de l’informatique, une troisième monnaie devrait voir le jour, la monnaie numérique.

Qu’est-ce qu’une monnaie numérique ?

Selon la Banque Centrale européenne, la monnaie numérique est « une valeur monétaire stockée par exemple sur une carte prépayée ou un smartphone ». Elle est réglementée selon des institutions financières centrales.

En 1990, David Chaum crée la monnaie virtuelle. Celle-ci a alors pour but d’être intraçable et anonyme.

La monnaie virtuelle a réellement émergé avec l’arrivée du Bitcoin en 2009 par Satoshi Nakamoto. C’est la première cryptomonnaie mise en circulation. Les cryptomonnaies reposent sur des « blockchains », c’est-à-dire une « technologie qui permet de garder la trace d’un ensemble de transactions, de manière décentralisée, sécurisée et transparente, sous forme d’une chaîne de blocs ». Elle connaît un succès fulgurant vers 2015. 

Le Bitcoin est une forme dérivée de la monnaie numérique. En tant que cryptomonnaie, il permet une exécution d’actions sécurisées, c’est-à-dire des paiements et transactions, tout en restant intraçable. Aucune institution étatique ou financière n’est impliquée dans le processus monétaire de la cryptomonnaie et ne dispose pas de pouvoir sur sa valeur. 

Les éléments déclencheurs

Les Etats ne disposent d’aucun pouvoir sur les cryptomonnaies. A cette impuissance de contrôle s’ajoute l’arrivée d’autres monnaies électroniques décisives, entraînant un retournement de situation sur l’impact financier dont disposent les Etats, soit le Libra et le Yuan numérique. 

Le 18 juin 2019, Facebook a annoncé l’arrivée d’une cryptomonnaie, le Libra. Facebook et 28 autres membres (la Libra Association) vont permettre l’existence du Libra qui est dépendante des valeurs et monnaies stables, telles que le dollar ou l’euro, mais indépendante des institutions financières. Elle permettra des transactions instantanées et peu coûteuses. A ce jour, le Libra n’est toujours pas mis en circulation. 

A cela s’ajoute l’arrivée du yuan numérique (la Digital Currency Electronic Payment) créé par la Chine. De nombreux rapports ont considéré qu’il concurrencerait considérablement le dollar américain changeant les échanges internationaux. 

Par ces initiatives décisives, les institutions européennes ont été obligées de prendre en considération l’apparition d’une monnaie numérique européenne. Cette obligation est d’ordre politique, afin que les pays de l’Union européenne soient toujours en concordance avec les pays qui les entourent et de pouvoir contrer ces initiatives. 

Les conséquences 

Le 1er novembre 2020, la BCE a lancé une consultation publique ouverte jusqu’à janvier 2021 afin que la population européenne puisse émettre son avis sur la possibilité d’une monnaie numérique sur la zone euro. 

L’apparition de cette monnaie numérique s’est accélérée avec l’arrivée du coronavirus, entraînant une augmentation des paiements par voie électronique. Le but de cette monnaie est d’accélérer et de faciliter les paiements et transactions qui seraient quasi-instantanées. Ainsi, la consommation et les investissements économiques seraient plus accessibles et directement stimulés. Même si une troisième monnaie survient, cela ne signera pas l’arrêt des autres types de monnaies. 

Cette monnaie numérique fait apparaître des controverses. En effet, cette rapidité de transactions et de paiements induit des préoccupations relatives au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Par ailleurs, on peut s’interroger quant à la confidentialité et au respect de la vie privée. En ayant des actions exclusivement numériques, elles seraient toutes répertoriées, les rendant transparentes et accessibles à toute entité financière. 

A cela s’ajoute une possibilité de limiter le nombre d’euro numérique pour qu’il n’y ait pas de fuite des épargnants. Cela aurait un impact dévastateur sur les banques à l’égard de la monnaie numérique. Dès lors, il est nécessaire de trouver un juste milieu pour que l’euro numérique soit efficient. C’est la raison pour laquelle un groupe de travail de l’Eurosystème y travaille. Il est composé d’experts de la BCE et de 19 banques centrales nationales de la zone euro. 

Quand bien même des nombreuses interrogations restent en suspens, pour que l’Euro numérique se concrétise, il faudrait attendre entre 18 mois à 3 ou 4 ans. 

Alexia RIVAUD. 

Master 2 Cyberjustice – Promotion 2020/2021

Sources :

https://www.ecb.europa.eu/explainers/tell-me-more/html/what_is_money.fr.html

Euro numérique : à quoi voulez-vous qu’il ressemble ?

Euro numérique : 5 questions pour comprendre le projet de monnaie électronique européenne

https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/escb_fr_webfr.pdf

https://siecledigital.fr/2020/10/22/mdbc-euro-numerique/

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/06/18/ce-qu-il-faut-savoir-sur-le-libra-la-cryptomonnaie-de-facebook

_5477887_4408996.html#:~:text=Libra%20%3A%20tout%20ce%20qu%E2%80%99il%20faut%20savoir%20sur,Messenger%20ou%20WhatsApp%2C%20et%20d%E2%80%99effectuer%20des%20achats%20

https://siecledigital.fr/2020/11/04/yuan-numerique-dcep/Haut du document

https://www.ecb.europa.eu/euro/html/digitaleuro.fr.html

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