Réalité virtuelle : entre vices et vertus

Entre crainte et fascination, la réalité virtuelle suscite les émois. En effet, elle est le reflet d’une évolution permettant à l’être humain de fluctuer vers un univers alternatif. Il a été démontré que la réalité virtuelle pouvait être une vertu et ainsi, traiter certaines pathologies. Cependant, elle est également viciée, et sujette à risques. 

Dès lors, l’innovation est-elle toujours un progrès ? 

Qu’est-ce que la réalité virtuelle ? 

La réalité virtuelle (en anglais, virtual reality ou plus communément « VR ») est une technologie qui permet de plonger une personne dans un monde artificiel créé numériquement. La réalité virtuelle va permettre de reproduire le monde réel ou bien mettre en scène un univers imaginaire. 

La personne qui expérimente la réalité virtuelle est équipée, que ce soit par des gants, une manette etc… Cet équipement va lui permettre de pouvoir interagir dans l’environnement virtuel.

La réalité virtuelle fait également appel à plusieurs de nos sens, notamment la vision, l’ouïe et le toucher.  

Aujourd’hui, on ne cherche pas à placer l’homme «  physiquement » dans une autre réalité, mais plutôt à contrôler ses sens, ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il touche, pour lui donner l’illusion qu’il est dans une autre réalité. On observe depuis quelques années l’essor des casques de réalité virtuelle (Oculus, HTC vive, Valve index), qui permettent de substituer ce que l’on voit mais qui tirent aussi parti d’autres sens comme la proprioception: le fait de savoir où sont nos membres, pour interagir avec le monde. On peut ainsi, à l’aide de nos mains réelles, guider des mains virtuelles pour interagir avec le monde dans lequel on est plongé. 

Outre ces aspects sensoriels et interactifs, la VR peut avoir des vertus, et aider à soigner certains patients. 

Une réalité virtuelle ayant des vertus médicinales

La réalité virtuelle peut en effet aider à surmonter des phobies et bénéficie de vertus thérapeutiques.     

Vaincre sa phobie, lutter contre ses dépendances, améliorer sa fin de vie ou son séjour à l’hôpital : avec la réalité virtuelle c’est possible ! 

La VR a désormais sa place dans un diagnostic médical et est un véritable soutien thérapeutique pour bon nombre de pathologies. 

Ainsi, dans cet univers alternatif complètement virtuel, les patients peuvent se confronter à leurs craintes et parvenir à les surmonter. La réalité virtuelle a des effets positifs nettement plus rapides sur les personnes phobiques qu’un traitement traditionnel. Le patient phobique va être confronté à sa peur de manière graduelle et progressive, de façon sécurisée, pour lui permettre de s’adapter peu à peu. Cet exercice permet au patient de mieux comprendre l’objet de sa peur. Cependant, il n’est pas laissé à l’abandon dans cet univers virtuel, il bénéficie d’un soutien psychologique. 

La réalité virtuelle atténue aussi la douleur des patients. Après plusieurs expériences menées, il a été prouvé qu’une fois que le patient est en totale immersion dans un autre monde, la douleur est atténuée de façon notable. 

Hunter Hoffman a témoigné du succès du recours à la VR dans la diminution de la douleur, en particulier chez les grands brûlés. Par exemple, lorsque des plaies sont amenées à être rouvertes, ces dernières confèrent des douleurs insoutenables. A cet effet, Hoffman a mit en place « Snow World » créé pour soustraire la douleur (En savoir plus). La personne qui souffre va se concentrer sur son sens visuel grâce à la VR, et ainsi, en « oublier » la douleur provoquée par le toucher. Ainsi, le patient est immergé dans un univers enneigé où il doit lancer des boules de neige sur des igloos, pingouins et autres bonhommes de neige. A l’issu de ce processus, le ressenti de la douleur s’évalue à une diminution entre 20% et 50% selon les patients. 

Toutefois le recours à la réalité virtuelle ne retire pas les traitements médicamenteux qui incombent aux patients. 

La VR joue aussi un rôle dans la fin de vie des personnes, elle va venir appauvrir leur stress et leur souffrance. 

Si ces expériences virtuelles comportent des vertus, les risques qu’elles peuvent causer au corps humain ne sont pas négligeables. 

Les vices de la réalité virtuelle 

La VR n’est pas toujours positive pour notre santé, les effets secondaires sont bel et bien présents, notamment après un usage abusif. Les effets recensés sont la perte d’orientation, les vertiges, la nausée, les crises d’épilepsies, la sécheresse oculaire et  les troubles de la vision. 

La réalité virtuelle cherche à reproduire à l’échelle 1:1 tous nos sens. A cet effet, on aimerait qu’une expérimentation en VR ait le même impact sur nos sens que si nous étions dans le monde réel. Or, souvent l’écart de sensations entre ce que l’on voit et ce que l’on peut déduire de nos autres sens est tel, que ces derniers ne sont plus reliés et peuvent causer des nausées. Par exemple, le personnage qui nous permet d’interagir en réalité virtuelle va bouger, alors que notre oreille interne va nous faire comprendre que nous sommes statiques. 

L’expérience virtuelle peut également provoquer des crises d’épilepsie. L’origine de ces crises sont liées aux flashs lumineux, et à une utilisation abusive du temps passé dans la réalité virtuelle. Souvent c’est le temps passé pendant plusieurs heures consécutives qui est néfaste pour le corps humain. Il est difficile de faire des recommandations sur le  temps que l’on peut passer dans la VR, puisque plusieurs éléments sont à prendre en compte, notamment les caractéristiques de l’individu, qui dépendent d’une personne à l’autre, ou bien le matériel utilisé qui diffère également. Ce qui peut cependant être recommandé, c’est de faire des pauses régulièrement au cours de l’utilisation. 

La réalité virtuelle et les données personnelles

Gare à la collecte de vos données personnelles durant l’utilisation de la VR. Afin que l’utilisation soit optimisée et personnalisée, il peut y avoir un recours à la collecte de vos données, en particulier vos données biométriques. Les casques de réalité virtuelle peuvent effectuer des captures de mouvement du corps, de la tête et des yeux. 

Autre problématique liée aux données personnelles, celle d’Oculus VR, qui appartient à Facebook depuis 2014, et qui peut collecter les données des utilisateurs dont l’adresse e-mail, les centres d’intérêt, la date de naissance, l’adresse, les transactions, les sites visités, les applications utilisées, et ainsi permettre une publicité ciblée. D’autant plus que depuis octobre 2020, bénéficier d’un compte Facebook est obligatoire pour utiliser l’Oculus, il faut donc redoubler de vigilance sur les données que l’on renseigne. 

La réalité virtuelle se démocratise au fil des années, et est accessible au grand public. Toutefois, comme chaque innovation elle suscite craintes et fascinations. Si elle comporte des effets secondaires, ses effets positifs sur la santé sont avérés et ne sont pas négligeables. Il est juste nécessaire de savoir trouver le bon équilibre du temps passé dans la réalité virtuelle, notamment lorsque l’on en fait un usage personnel et récréatif.

Célia RESTOIN

M2 Cyberjustice – Promotion 2020/2021

Sources :

https://www.franceculture.fr/numerique/les-vertus-de-la-realite-virtuelle

https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/techno-oculus-rift-16374/

https://www.geekwire.com/2018/snowworld-melts-away-pain-burn-patients-using-virtual-reality-snowballs/

https://www.village-justice.com/articles/realite-virtuelle-donnees-biometriques-rgpd,36917.html

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