Vers une intelligence artificielle éthique ?

Au fil du temps, l’utilisation de la technologie devient notre quotidien. À l’ère du numérique l’intelligence artificielle (IA) est omniprésente. Cette technologie en plein essor ne connaît pourtant aucune morale, en effet les machines ne sont pas douées d’éthique ou de réflexion critique. De nombreuses études et initiatives consacrées aux enjeux de l’éthique et portant sur les conséquences de l’IA se multiplient. 

Le concept de l’intelligence artificielle ? 

Si le terme IA est devenu courant dans notre langage ainsi que dans son utilisation notamment par les médias, il n’existe pas pour autant de définition partagée. L’IA réunit à la fois des sciences, théories et techniques avec comme objectif de faire imiter par une machine les capacités cognitives de l’homme. Pour Paul MacCarthy, l’un des pères de l’IA, « toute activité intellectuelle peut être décrite avec suffisamment de précision pour être simulé par une machine.» Apparue dans les années 1950, l’IA a connu une très forte évolution grâce à l’augmentation des données numériques et une capacité de calcul en pleine croissance, permettant « le machine Learning » donnant des aptitudes humaines aux machines.

Cette discipline demeurante cependant controversée « L’intelligence artificielle est soit la pire soit la meilleure chose jamais arrivée à l’humanité », a dit le célèbre physicien Stephen Hawking. Cette technologie connaît toutefois un nouvel essor, et face à cette nouvelle tendance beaucoup s’interrogent sur les grands principes de l’éthique et l’intelligence artificielle qui apparaît comme l’un des enjeux de l’avenir de cette technologie. 

Les enjeux 

L’intérêt de l’intelligence artificielle est sa capacité plus performante que l’homme en matière de prise de décisions. Cet outil, en matière de prise de décision, questionne sur l’éthique. A l’avenir il semble probable qu’une voiture puisse circuler en l’absence de conducteur, mais « devrait-elle dévier de sa trajectoire au risque d’écraser une personne afin d’éviter de tuer deux personnes qui surgissent sur la route ? » L’intérêt est de déterminer s’il est possible de quantifier la vie humaine ? Pour Kant, philosophe «  la vie humaine n’est guère quantifiable, c’est un droit inaliénable. » Cependant, une machine programmée ne connaît pas de normes morales et ne prend pas en compte la dimension éthique face à une situation critique, il semble donc essentiel que l’homme puisse garder la main à tout moment sur la machine. 

Face à la question éthique liée au progrès récent de cette technologie, et leurs capacités grandissantes les amenant à collaborer avec l’homme se pose également la question d’un encadrement juridique. Juridiquement, l’IA est une identité abstraite n’ayant  ni forme ni matérialité ni sexe, elle n’est donc pas dotée d’une personnalité juridique. Le fait d’encadrer juridiquement son existence aura pour but de lui voir reconnaître des droits et obligations, notamment pour la rendre responsable et de réparer tous dommage causé à un tiers. « Une machine ne choisit pas l’option la plus juste parce qu’elle est la plus juste, mais suit à un calcul. Un acte de machine n’est éthique que dans la mesure où des humains le conçoivent ainsi. »

Les enjeux de l’éthique et de l’impact de l’IA sont nombreux, face à des technologies qui peuvent surpasser l’homme peuvent-elles nous remplacer dans tous les domaines ? Quel sera l’impact pour l’emploi ? Dans un monde où les technologies sont omniprésentes, il semble essentiel d’intégrer l’éthique dans les projets de recherche.

Un cadre commun pour le développement de l’intelligence artificielle 

En 2018 lors du G7, Justin Trudeau Premier ministre du Canada officialise l’idée lancée par Emmanuel Macron président de la République française portant sur la mise en place d’un groupe d’experts internationaux chargés d’étudier les impacts de l’intelligence artificielle (G2IA). Le but de cette organisation dédiée à l’intelligence artificielle, est de réunir des experts mondiaux dont l’objectif sera de constituer un référencement mondial en matière d’IA « qui favorisera la coopération et la coordination internationales en matière d’élaboration de politiques publiques relatives à l’IA. »  Au total, ce n’est pas moins d’1,5 milliards d’euros qui seront consacrés à la mise en œuvre de cette stratégie entre 2018 et 2022. Les recherches seront centrées autour de quatre thèmes, l’utilisation responsable de l’IA, la gouvernance des données, l’avenir du travail et l’innovation et la commercialisation des technologies de l’IA. Pour ce faire, les experts pourront se réunir dans deux centres d’expertise l’un étant à Paris l’autre à Montréal.

Au niveau européen, la Commission européenne se mobilise également sur l‘éthique avec l’élaboration de règles éthiques mises en place par un groupe de 52 experts et de nombreux rapports d’expertise. Suite à ces rapports, le G20 a adopté plusieurs principes issus de ces fondements pour une IA éthique en Europe.

La réflexion éthique semble inévitable en matière d’intelligence artificielle, si les états se mobilisent pour aller dans ce sens, les grandes entreprises du numérique tel que Facebook ou encore Google sont également à l’initiative de plusieurs projets pour « formuler les meilleures pratiques ». Les initiatives européennes pourraient être les prémices d’une harmonisation globale, l’éthique pouvant devenir à l’avenir un prérequis en matière d’intelligence artificielle. 

Emilie PEREZ

Master 2 Cyberjustice- promotion 2020/2021

https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-union-europeenne-et-14-etats-creent-un-cadre-commun-pour-le-develeppement-de-l-intelligence-artificielle.N975641

https://www.economie.gouv.fr/intelligence-artificielle-canada-france-communaute-internationale  

https://siecledigital.fr/2020/10/08/lois-intelligence-artificielle-ethique-europe/

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