Réseaux sociaux et influenceurs : un pouvoir insoupçonné

Que ce soit en termes de mode, de cosmétiques, de sport, de technologie, de voyages, de jeux vidéo ou d’art culinaire : les influenceurs ou influenceuses acquièrent un pouvoir de plus en plus important et ceci grâce aux réseaux sociaux. Qui dit réseaux sociaux dit visibilité. Et aujourd’hui cela peut être une visibilité mondiale acquise très rapidement pour certains !

Un influenceur est une personne qui grâce aux blogs et réseaux sociaux (plateformes numériques) acquiert une forte réputation, une notoriété, par différents types d’actions. Il existe diverses actions comme par exemple la mise en avant d’un produit de consommation, la manière de s’habiller, la manière de pratiquer certains sports, faire des blagues et des discours humoristiques ou même politiques. A titre indicatif : il y a 80 000 influenceurs francophones sur Instagram.

A l’ère du numérique et notamment des réseaux sociaux et de la 4G (bientôt la 5G…), le flux d’informations et de vidéos abondent énormément sur les réseaux. Pour illustrer, il est facile pour un influenceur de réaliser une vidéo (de courte ou de longue durée) ou une photo assez aisément sur un produit sans aucun obstacle. Ce qu’il faut souligner c’est la vitesse de publication. Au contraire, une campagne publicitaire pour un produit prend beaucoup plus de temps et d’argent.

Les entreprises ont tout intérêt à cibler ces influenceurs et influenceuses pour booster leurs ventes de produits. Cependant plus la personne sera célèbre plus la rémunération sera élevée. On appelle un « méga influenceur » celui qui a plus de 1 000 000 d’abonnés ou de suivis.

L’enjeu pour les entreprises et les réseaux sociaux est de pousser le centre de gravité des influenceurs vers une tranche d’âge plus âgée. En effet, les influenceurs touchent en général un public globalement assez jeune (13-27 ans). Même si aujourd’hui le curseur tend de plus en plus à se rapprocher vers une classe d’âge plus âgée. 

L’intérêt économique pour cette mode qui s’est développée depuis plus de 10 ans est important, tant pour les marques que pour les influenceurs. Les plus grandes célébrités comme Cristiano Ronaldo ou Kylie Jenner peuvent gagner jusqu’à 1 millions de dollars par post Instagram sponsorisé. En fait les marques passent par la plateforme et payent un droit de publicité, ensuite la plateforme et les marques rémunèrent les influenceurs.

L’intérêt politique et social maintenant : force est de constater que les influenceurs et influenceuses prennent une place non négligeable dans la sphère économique mais ils empiètent de plus en plus sur la sphère politique. Par exemple, le président de la République française Emmanuel Macron a publié sur les réseaux sociaux un message incitant les influenceurs à proliférer des messages de mise en garde contre la COVID-19. Ou à l’inverse, l’influenceuse américaine Isabelle Brown, qui a fait campagne pour Donald Trump, a voulu minimiser les conséquences du coronavirus dans son pays.

La véritable problématique est d’observer à quel point les plateformes numériques comme les réseaux sociaux ont pu pousser certains individus à exercer une activité très rémunératrice, très accessible (aucun diplôme n’est requis) et surtout de voir comment elles sont réglementées en France.

Les influenceurs n’ont pas (encore) de statut défini par le code du travail, ni même par aucun autre code. Vu l’ampleur que prend leur activité, le législateur a tout intérêt à légiférer sur ce sujet. Cependant ils sont soumis au droit du travail et à l’impôt, selon certains critères tenant par exemple compte du type de contrat passé entre l’influenceur et la marque ou encore quels modes de rémunérations ils ont choisi (en fonction de l’influence ou alors en fonction du chiffre d’affaires de la marque). De plus, les influenceurs peuvent décider d’obtenir une structure juridique à leurs activités en choisissant le statut d’auto-entrepreneur ou alors en créant une EURL.

Tout n’est pourtant pas aussi beau, il y a des écarts, des dérives faites par les influenceurs : le fait qu’ils achètent des abonnés ou des commentaires et des vues, la pratique du « follow and follow » (utiliser des logiciels pour suivre un très grands nombre de comptes d’un coup pour avoir plus de visibilité). Il n’y pas de sanctions officielles légales mais seulement des sanctions infligées par les plateformes tels que le bannissement, la censure etc…

C’est un véritable tournant pour le marketing digital. Il y a fort à parier que demain, de plus en plus d’entreprises passeront par ces influenceurs. Certes la publicité est très présente sur les réseaux sociaux mais l’avantage des influenceurs c’est évidemment leurs capacités à convaincre et promouvoir le produit. Le phénomène nouveau est l’apparition de nouveaux emplois sur les réseaux sociaux. 

Tom BECKER.

Master 2 Cyberjustice – Promotion 2020/2021  

Sources : 

https://cms.law/fr/fra/news-information/instagram-youtube-blog-quel-statut-juridique-et-fiscal-pour-les-influenceurs

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