Le trading haute fréquence

Qu’est ce que le trading haute fréquence ?

Le trading à haute fréquence représente 75% des échanges sur les marchés américains et près de 50% en Europe. Ce système permet d’échanger très rapidement (nanoseconde) des ordres de ventes et d’achats. Additionnés à une vitesse très rapide d’échanges, ces ordres de ventes sont effectués en très grande quantités sur les places financières dans le monde entier. Les sociétés utilisatrices doivent être puissantes d’un point de vue économique mais aussi du point de vue technologique pour réaliser autant d’échanges en si grandes quantités. Ces sociétés doivent disposer d’équipements permettant de passer des volumes d’ordres très importants (serveurs) au moyen d’algorithmes très perfectionnés et coûteux également. 

Le journaliste François Pilet a détaillé sur France Inter la finalité du trading à haute fréquence: « C’est une façon de multiplier de toutes petites transactions avec de toutes petites différences de prix. Mises bout à bout toutes ces petites différences créent un revenu attractif pour les gens qui font cette activité : les traders à haute fréquence. Prendre dans le marché une action et de la revendre 250 millisecondes plus tard pour une infime fraction de profit. »

Aujourd’hui, 90% des transactions sont pilotés par des algorithmes. Or, le problème est que l’algorithme à haute fréquence va tellement vite, qu’il n’est pas perçu par l’humain derrière son écran. Les serveurs gardent en mémoire l’historique des échanges, mais la quantité astronomique de données à analyser rend le travail de l’Autorité des marchés financiers très compliqué. 

La difficulté de contrôler le trading haute fréquence 

Il est très compliqué de contrôler les algorithmes utilisés par les sociétés de la finance sachant que ceux-ci ne sont même pas certifiés, contrairement à ce qui se passe dans l’industrie aéronautique comme le rappelle le mathématicien Frédéric Abergel qui dirige la Chaire de Finance Quantitative à l’Ecole centrale Paris : « L’industrie aéronautique a le droit d’exercer car les logiciels embarqués sont vérifiés. On est sûrs qu’ils font exactement ce qu’ils doivent faire. Ce n’est absolument pas le cas pour le trading à haute fréquence. Il y a donc des risques : des algorithmes qui s’emballent, qui se trompent, ont des bugs insoupçonnables. Un des priorités : introduire des normes pour qu’un algorithme puisse traiter sur un marché. Il doit alors passer certains tests qui existent mais qu’on n’utilise pas du fait de l’opposition forte des acteurs de marché refusant de communiquer leurs algorithmes. C’est un peu leur gagne-pain ! »

Ce manque de transparence entraîne effectivement des bugs. Rappelons la faillite de la société Knight Capital à la suite d’un bug de son algorithme (perte de 400 millions de dollars en 10 min).

Une volonté d’aller toujours plus vite

Les câbles sous-marins permettent le transfert des informations, ordres de ventes et achats entre les différents marchés financiers. C’est pourquoi des sociétés financières investissent dans ces câbles, par exemple dans l’Atlantique. Ainsi, grâce à un trajet plus court que celui de leurs concurrents, le câble à fibres optiques transmettra des informations 5 millisecondes plus rapidement.

Chaque trader a ses propres stratégies d’investissement, mais les algorithmes utilisent souvent les mêmes données. Or, dans le monde du trading, les premiers ordres inscrits dans les livres sont les premiers exécutés. Avec les ordinateurs qui se font concurrence, une milliseconde peut placer un ordre en tête de file, avant que les prix ne changent.

Également, des sociétés telles que McKay Brothers ont construit des liaisons micro-ondes entre des places financières. L’intérêt étant que les ondes électromagnétiques se propagent beaucoup plus vite dans l’air que dans le verre. Ainsi, à l’aide d’un équipement radio bien conçu, les signaux micro-ondes peuvent facilement battre la transmission de données par fibre optique. C’est donc intéressant lors d’échanges de données entre 2 places financières placées sur un même continent. Cela implique l’investissement dans des pylônes qui vont transmettent les données et il est nécessaire que ceux-ci soient le plus proche possible de la ligne droite entre 2 places financières, tout en tenant compte des reliefs qui peuvent être à la fois bénéfiques comme perturbateurs.

Clément BOURDENET

M2 Cyberjustice- Promotion 2019-2020

Sources :

https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete/l-enquete-08-avril-2016

Arte : https://www.youtube.com/watch?v=j6jw1eEe5GI 

https://plus.lefigaro.fr/tag/trading-%C3%A0-haute-fr%C3%A9quence

https://www.lemonde.fr/bourse/article/2016/11/24/le-trading-haute-frequence-conquiert-les-marches-emergents_5037125_1764778.html

https://www.amf-france.org/fr/actualites-publications/communiques/communiques-de-lamf/lamf-publie-une-etude-sur-les-comportements-des-traders-haute-frequence

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