Le Big data : un outil au service du développement des jeux vidéo

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processus de création et de mise au point des règles et autres éléments constitutifs d’un jeu. Ces données de jeu sont essentiellement des données de « gameplay », autrement dit des informations qui s’envoient quand le joueur fait une action. Elles participent entièrement au processus de développement du jeu puisque les game designers s’appuient sur ces dernières pour concevoir leur jeu en amont mais également en aval.

En amont, c’est-à-dire avant le lancement du jeu, la data va permettre de corriger les éventuelles problématiques visibles du jeu afin de les corriger par la suite. Concrètement, le jeu va être testé auprès de petits groupes de joueurs potentiels, ce qui permettra d’avoir un échantillon de la vision des futurs utilisateurs du jeu et de vérifier si le joueur perçoit correctement les mécaniques de jeu qu’il doit utiliser. Ces données collectées vont ainsi permettre d’avoir un retour précis sur les défauts et qualités du jeu, avant que celui-ci soit mis sur le marché. Des informations qui vont être essentielles pour peaufiner ou régler les défauts du game design (conception du jeu). 

En aval, après le lancement du jeu, les données collectées permettent d’analyser les habitudes des joueurs afin d’en apprendre plus sur les lacunes ou l’efficacité des mécaniques de jeu mises en place.

Ainsi, le Big data fournit des solutions pour l’équilibre du jeu, et plus précisément, pour revoir la difficulté d’un niveau ou corriger un matchmaking trop déséquilibré. Ce processus participe notamment à l’élaboration des mises à jour, qui sont des éléments clés pour garantir la pérennité et l’évolution du jeu après sa sortie. 

  • Une place prépondérante du data analyst

Tout au long du processus de création du jeu, le data analyst tient une place prépondérante. Il permet d’extraire et d’analyser rapidement les millions de données collectées sur les joueurs, qui sont issues de sources multiples, afin de faciliter et optimiser le travail des game designers. Il est, comme le souligne un article de pubosphère, « un homme qui détiendrai toutes les données relatives aux spectateurs en salle de cinéma, et qui viendrai ensuite influencer le travail du réalisateur du film ». En effet, avec l’aide des enquêtes menées par les data anlayst, les game designers sont à même de concevoir au mieux les attentes et les besoins des joueurs pour adapter l’univers de leur jeu en conséquence.

Nous pouvons illustrer le travail du data analyst par un exemple concret d’exploitation des données effectuée par l’entreprise Playlab, une société asiatique qui développe et distribue des jeux téléchargés plus de 25 millions de fois. La société exploite, au moyen des data analyst, des données relatives au temps nécessaire au joueurs pour atteindre un certain niveau. En analysant ces données générées par les millions de joueurs, le data analyst est ainsi en mesure de fournir les informations nécessaires pour que les game designers optimisent le niveau de difficulté du jeu et modifient les éléments pouvant pousser les joueurs à abandonner dans un niveau particulier

. L’analyse de la data a donc une incidence directe sur la création du jeu puisque le contenu du jeu se trouve influencé par des goûts collectifs, identifiés par l’analyse d’une grande quantité de données. Le data analyst travaille en parfaite harmonie avec les game designers, en leur permettant, d’une certaine manière, de déchiffrer les données afin qu’ils puissent les utiliser en toute liberté dans le processus de création du jeu. Il n’est en rien une « entrave à la créativité », comme le précise, le data analyst Alexandre Créac’h.

Paul Dubois Gance
M2 Cyberjustice promotion 2019-2020

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