Internet of Fish : l’IA au service des océans

X, la filiale d’Alphabet, le conglomérat des sociétés précédemment détenues par Google, a développé une intelligence artificielle afin de surveiller les poissons d’aquaculture et leur santé. 

Une intelligence basée sur une caméra, sous-marine, capable de suivre les poissons dans les océans, et même dans des conditions extrêmes. 

Il est coutume de dire que nous ne pouvons protéger ce que nous ne connaissons pas, et les océans profonds sont parmi ces milieux peu connus. Certains disent même que l’on connait mieux la surface de la Lune que le fond de nos océans. C’est dans cette démarche de découverte que s’inscrit le projet baptisé « Tidal » d’Alphabet X. Il permet de suivre la vie des océans, à des profondeurs que l’être humain ne peut atteindre, et dans des conditions qu’il ne peut supporter. 

Neil Davé, le dirigeant du programme Tidal, a déclaré que la filiale dédiée aux innovations de rupture a « développé un système de caméras sous-marin et un ensemble de capteurs capable de détecter et d’interpréter les comportements des poissons qui sont invisibles pour l’œil humain ». Le but est donc de développer aussi des instruments pouvant résister à la pression et à la salinité océanique. 

Une innovation qui va sauver les espèces marines ? 

Le but de cette innovation est de participer à la sauvegarde des espèces aquatiques et plus largement de la planète. L’observation individuelle de milliers de poissons permet d’analyser leurs formes, mouvements et leur santé. Une sorte de télémédecine qui s’étend aux océans et à ces poissons difficiles à observer dans des conditions habituelles. 

Les données récoltées par cette intelligence artificielle ont pour but de permettre aux pisciculteurs de connaitre au plus juste les intrants. Autrement dit, les éléments qu’il faut faire entrer dans le processus de production, comme la nourriture, afin d’avoir une production équilibrée qui n’appauvrie pas l’océan. Les premières expériences de ce système se sont concentrées sur une simple observation d’un bassin installé dans les bureaux d’Alphabet à Mountain View et ce, avant d’exporter ces essais dans des bassins d’élevage. L’intelligence artificielle, née de ces tests grandeur nature, est capable de détecter des mouvements parfois inapparents à l’œil nu. « Nous en savons plus sur la surface de la lune que sur les parties les plus profondes du plancher océanique. C’est en partie parce que c’est un environnement incroyablement difficile pour la technologie (…) Le GPS et le WIFI ne fonctionnent pas sous l’eau. Et l’eau salée tue l’électronique, ce qui rend la surveillance à long terme difficile », écrit Neil Davé sur le projet Tidal. De ce fait, Tidal fait face à un enjeu majeur et essentiel pour la survie des espèces de nos océans.  Il appert qu’avec le réchauffement climatique que subit notre planète, des milliers d’espèces sont menacées. Cette menace pèse également sur la vie des océans. C’est en effet ce que relève le GIEC dans son rapport spécial sur les océans et la cryosphère.

Le but de la filiale Google est de pouvoir observer les changements de comportements des poissons et des espèces aquatiques avec la prolifération des plastiques et de certaines substances, mais aussi les effets de la surpêche et de l’acidification des océans.  Le but de ce projet est de nourrir l’humanité durablement grâce aux océans tout en les préservant, précise Neil Davé le directeur général en charge du projet Tidal sur le blog de Google X. 

Ce projet porte en lui un espoir pour la planète et promet, notamment grâce au Big data, un accompagnement des aquaculteurs afin de répondre aux besoins des consommateurs et aux besoins environnementaux, guidé par la protection de l’espèce aquatique. 

Ghada Soussi 
M2 Cyberjustice Promotion 2019-2020

Sources

https://www.computerworld.com/article/2498811/top-secret-google-x-lab-rethinks-the-future.html

https://blog.x.company/introducing-tidal-1914257962c3?gi=5e99e84de2e9

https://www.unenvironment.org/fr/resources/rapport/rapport-special-du-giec-sur-les-oceans-et-la-cryosphere-dans-le-contexte-du

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