Vers l’implantation des puces sous-cutanées pour les salariés

Depuis quelques années, avec l’évolution des nouvelles technologies, il est possible de se faire greffer une micropuce RFID (radio-identification) sous-cutanée pour les salariés volontaires afin d’accéder plus facilement aux locaux des entreprises.

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Qu’est-ce qu’une puce RFID ? 

La puce RFID, de la taille d’un grain de riz, s’insère sous la peau et se retire facilement, à l’aide d’une aiguille. Généralement, cette puce s’implante au niveau du pouce, de l’index, ou encore dans la paume de la main. Cette démarche est une opération rapide, indolore et peu coûteuse.

Quand est-elle apparue ? 

Elles ont fait leur première apparition en 2015, en Suède, lorsque les salariés de la société Epicenter se sont portés volontaires pour se faire implanter la puce RFID afin de pouvoir accéder à de nombreux services au sein de l’entreprise. Aujourd’hui, environ 2 000 salariés disposent de cette puce sous-cutanée. Il s’agit, donc, du pays ayant implanté le plus de micropuce dans le monde. 

De même aux Etats-Unis, en 2017, cette idée est venue lorsque le responsable de l’entreprise Three Square Market (entreprise spécialisée dans les distributeurs automatiques) a effectué un déplacement professionnel en Suède. C’est la première entreprise américaine à équiper ses salariés d’une micropuce RFID. Elle justifiait cette action par le fait que les salariés oubliaient souvent leurs badges d’accès. 

En Belgique, la puce sous-cutanée a aussi vu son apparition au sein d’une entreprise Newfusion, dans laquelle huit salariés ont accepté ce nouveau dispositif ayant pour but d’accéder aux portes d’entrée et aux ordinateurs. Pour les dirigeants de cette entreprise, il s’agit d’une identification rapide et efficace des salariés. Pourtant, le président de la ligue des Droits de l’Homme proteste cette nouvelle méthode car selon lui, c’est un moyen de surveiller les salariés. Un des dirigeants se montre rassurant en disant que « Ce n’est pas une méthode de contrôle, c’est une méthode de vérification, il n’y a pas de tracking dedans. On ne peut pas suivre nos employés. C’est une façon de leur donner un accès plus facile à nos bureaux. Cela remplace une clé ou un mot de passe ».

A la différence de ces pays, la France reste encore dubitative face à cette nouvelle technologie car cette démarche pose un certain nombre de problème en lien avec le respect de la vie privée. 

Quid des droits et libertés fondamentaux ? 

Dès lors qu’un salarié se porte volontaire, et a donné son consentement, il devient responsable de ses propres choix. Dans le cas contraire, il s’agit d’une « atteinte à la dignité [de la personne] » et donc d’une violation aux droits fondamentaux. 

En France, l’ancienne Ministre de la santé, Marisol Touraine avait estimé en 2015 que ces actes restaient illégaux du fait que l’implant de la puce RFID sur le corps humain se faisait en dehors de toute finalité médicale.

Kim Anne NGO

Master 2 Cyberjustice – Promotion 2019-2020

Sources : 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006136059&cidTexte=LEGITEXT000006070721

https ://www.capital.fr/entreprises-marches/ces-entreprises-qui-implantent-des-puces-electroniques-dans-leurs-salaries-1238294

https://www.wuro.fr/blog/communication/puces-electroniques-salaries.html

https://www.europe1.fr/societe/belgique-huit-salaries-se-font-implanter-une-puce-sous-la-peau-2972648



 

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