Le cyberharcèlement : une menace pour une jeunesse hyper-connectée

Avec le développement des nouvelles technologies et la démocratisation de leurs utilisations, les cas de cyberharcèlement se sont multipliés. La jeunesse est particulièrement touchée par ce type d’harcèlement. De très jeunes victimes sont allées jusqu’à l’acte irréversible: le suicide.

En France, le harcèlement est une infraction pénale disposée à l’article 222-33-2 du Code pénal.  Le cyberharcèlement est un type de harcèlement relativement moderne ayant vu le jour avec la révolution numérique et le développement des modes de communication. Ce harcèlement se fait par le biais d’Internet notamment des réseaux sociaux et également du téléphone portable. Il peut prendre différentes formes comme la répétition de moqueries, des menaces, la propagation de rumeurs, la publication de photos ou vidéos humiliantes.

Les jeunes étant les plus grands utilisateurs d’Internet et des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter… Ils sont par conséquent les plus exposés au cyberharcèlement et donc les premières victimes de celui-ci. En étudiant les statistiques du cyberharcèlement, il est possible de mettre en exergue le fait que les filles sont davantage touchées que les garçons. En effet, entre « 2010 et 2014, la proportion d’enfants et d’adolescents âgés de 9 à 16 ans ayant été exposés au cyber-harcèlement est passée de 8 à 12%, en particulier chez les filles et les enfants les plus jeunes. ».La gendarmerie énonce aussi une augmentation de 30 % des cyberattaques visant des femmes. C’est un triste phénomène qui prend une ampleur considérable.

La spécificité du cyberharcèlement est le caractère ininterrompu de celui-ci. En effet, le harcèlement scolaire a toujours existé mais une fois chez eux les jeunes victimes étaient protégées, loin de leurs agresseurs. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les téléphones, la jeunesse est hyperconnectée et toujours avec son téléphone en main. Ainsi, les victimes n’ont aucun répit de la part de leurs harceleurs et peuvent être une cible jour et nuit, pendant le week-end et les vacances. Ceci est extrêmement compliqué moralement et psychologiquement pour les victimes qui n’arrivent plus à sortir de cet engrenage.

Dans les faits, le cyberharcèlement est peu puni chez les jeunes, notamment par manque de preuve, silence des victimes ou en raison de la jeunesse des harceleurs. Cela entraîne le développement voire même une banalisation de ces pratiques. Or, les conséquences du cyberharcèlement peuvent être dramatiques, la liste des jeunes victimes se donnant la mort ne cesse de s’agrandir (Emilie 17 ans, Marion 13 ans…). Ainsi, les parents des jeunes victimes ou les victimes elles-mêmes se sentent désemparées et sans réelle solution. De nombreux parents témoignent d’un sentiment d’injustice en raison de l’absence condamnation ou même de punition à l’encontre des jeunes harceleurs.

Toutefois, les campagnes de sensibilisation se multiplient. A travers des vidéos diffusées sur internet ou des interventions dans les collèges et lycées. L’éducation nationale a fait un clip de sensibilisation dénommé « Le harcèlement, pour l’arrêter, il faut en parler » afin de permettre la diffusion d’un numéro gratuit, le 3020 pour les victimes et leur entourage afin de leurs venir en aide. Le ministère de l’Education nationale met à la disposition des jeunes un numéro de téléphone, le « 0800 200 000 Net Ecoute » qui est gratuit, anonyme et confidentiel.

La loi condamne le cyberharcèlement mais dans les faits il y a eu très peu de condamnation, et les cas de cyberharcèlement se multiplient. Ainsi, la question qui se pose est de savoir comment la loi peut-elle véritablement condamner le cyberharcèlement ? Ces condamnations et la répression de tels actes pourraient permettre de diminuer voire d’éradiquer dans l’idéal, ce fléau chez les jeunes. Et donc, d’agir concrètement contre le cyberharcèlement.

Lou Rodriguez
Master 2 Cyberjustice – Promotion 2019-2020

Sources :

https://justice.ooreka.fr
https://www.e-enfance.org/cyber-harcelement
https://www.cairn.info/load_pdf.phpID_ARTICLE=ENF2_183_0421&download=1


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