Un sport devenu connecté : quand les nouvelles technologies se mêlent du rugby

Skis connectés, capteurs GPS, Digicoach, PIQ Robot… Ces termes ne vous disent sans doute rien, mais tous ont en commun d’être au service des sportifs. Ski alpin, rugby, natation ou encore golf, l’intelligence artificielle se démocratise aussi dans le domaine du sport.
L’économie du sport est devenue au fil des années un terrain de jeu en plein essor pour les investisseurs, il n’est donc pas étonnant que les nouvelles technologies se mêlent de sports comme le rugby. Ce sport fut très tôt connecté et est désormais l’un sport les plus en phase avec la réalité technologique de notre siècle. 

Certaines équipes de rugby n’hésitent plus, lors de la phase de recrutement, à faire usage de logiciels. Ainsi, le London Irish Rugby Football club utilise un logiciel créé par l’entreprise Asi Data Science, pour recruter les futurs talents du rugby. Le logiciel se base sur une centaine de critères différents tirés de la base de données Opta pour réaliser leur sélection.

Lors des phases d’entrainement et de jeu, les nouvelles technologies ont deux objectifs principaux : la prévention des blessures et l’optimisation de la performance

L’équipe de France de rugby durant son entrainement utilise un simulateur électronique de mêlé développé par Thales : le M-Rex. Cette technologie « made in France » permet de mettre à mal le pack français par ses six degrés de « liberté », soit six usages possibles : trois translations et trois rotations. M-Rex collecte aussi les données des premières lignes grâce à des capteurs issus de l’aéronautique.

Collecte et analyse de données de joueurs ne sont pas inédites dans le rugby. A cette fin, le sport connait nombre d’équipements connectés permettant de maximiser les performances collectives et individuelles des rugbymen. L’arsenal de technologie peut passer par les balises GPS, notamment issues de la star-up MacLoyd, fixées entre les omoplates et installées dans les maillots. Ces balises collectent les données stratégiques en temps réel : rythme cardiaque, kilomètres parcourus ou vitesse des joueurs, issues de la performance afin de les envoyer au staff des équipes.
Dans cette idée de plus en plus d’équipes sont amenées à recruter des Data scientist en charge de l’analyse de ces données en vue d’une optimisation de leur entrainement et de diminution les risques de blessure. Les nouvelles technologies peuvent aussi être une aide décisionnelle pour les arbitres, comme le système « Hawk-Eye » qui permet par l’usage de caméras d’analyser les actions de jeu ainsi que d’évaluer les blessures et leur gravité.

Ces objets connectés permettent une rationalisation des données perçues, une analyse des performances des sportifs et tendent à préserver la santé des joueurs. La dangerosité de certaines actions, la médiatisation de cas de décès de joueurs survenus à la suite de chocs graves ou de séquelles irréversibles en raison de l’importante des commotions cérébrales, ont poussé certains chercheurs à innover.
A titre d’exemple, le pansement électronique X-Patch, à placer derrière l’oreille des rugbymen ou rugbywomen, analyse les chocs reçus, leurs nombres, leurs angles et leurs puissances. Les données collectées sont une fois de plus transmises en temps réel au coach et au médecin.
Ces données participent à la stratégie de jeu et permettent d’éviter les blessures graves et irréversibles. Néanmoins, depuis l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données, le traitement et la protection des données personnelles des joueurs collectées nécessitent d’être renforcés et mis en conformité. 

L’ère du numérique au sein du rugby opère un changement de tactique de jeu, désormais l’usage des nouvelles technologies et les statistiques qui s’y rapportent sont privilégiés en vue d’améliorer le jeu et les performances. Le sport ne se conçoit donc plus sans leur usage or les statistiques ne font pas tout dans le rugby et le sport en général. Le rationnel, la tactique établie lors du match, l’adaptation face à l’adversaire sont l’apanage du sport. Les statistiques résultant des données collectées ne sont pas prêtes de déshumaniser un sport comme le rugby.


Manon Dansac
Master 2 Cyberjustice – promotion 2018-2019

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